Oración , Preghiera , Priére , Prayer , Gebet , Oratio, Oração de Jesus

http://www.midbar.it/images/home_1_00.jpg  
CATECISMO DA IGREJA CATÓLICA:
2666. Mas o nome que tudo encerra é o que o Filho de Deus recebe na sua encarnação: JESUS. O nome divino é indizível para lábios humanos mas, ao assumir a nossa humanidade, o Verbo de Deus comunica-no-lo e nós podemos invocá-lo: «Jesus», « YHWH salva» . O nome de Jesus contém tudo: Deus e o homem e toda a economia da criação e da salvação. Rezar «Jesus» é invocá-Lo, chamá-Lo a nós. O seu nome é o único que contém a presença que significa. Jesus é o Ressuscitado, e todo aquele que invocar o seu nome, acolhe o Filho de Deus que o amou e por ele Se entregou.
2667. Esta invocação de fé tão simples foi desenvolvida na tradição da oração sob as mais variadas formas, tanto no Oriente como no Ocidente. A formulação mais habitual, transmitida pelos espirituais do Sinai, da Síria e de Athos, é a invocação: «Jesus, Cristo, Filho de Deus, Senhor, tende piedade de nós, pecadores!». Ela conjuga o hino cristológico de Fl 2, 6-11 com a invocação do publicano e dos mendigos da luz (14). Por ela, o coração sintoniza com a miséria dos homens e com a misericórdia do seu Salvador.
2668. A invocação do santo Nome de Jesus é o caminho mais simples da oração contínua. Muitas vezes repetida por um coração humildemente atento, não se dispersa num «mar de palavras», mas «guarda a Palavra e produz fruto pela constância». E é possível «em todo o tempo», porque não constitui uma ocupação a par de outra, mas é a ocupação única, a de amar a Deus, que anima e transfigura toda a acção em Cristo Jesus.

domingo, 27 de março de 2011

L’invocation de Jésus. La prière intérieure


L’invocation de Jésus
« Comment sortir de ce dilemme, bien paulinien ? Il n'y a que l'invocation incessante de Jésus, la prière adressée à notre Sauveur, le cri du cœur dans notre détresse, et c'est Lui qui vient à notre aide et combat alors pour nous. Le même Hésychius de Jérusalem continue dans le passage déjà cité : Mais si tu invoques le nom de Jésus, ils (les adversaires spirituels, les démons) ne pourront un seul instant te résister ni entreprendre contre toi quoi que ce soit. — Il est impossible, continue-t-il[13], que le cœur soit purifié des pensées pernicieuses sans l'invocation du nom de Jésus. — Quand Jésus est invoqué, écrit Philothée du Sinaï (commencement du IXe siècle)[14], Il consume sans peine tout ce qui est entaché de péché. Car dans aucun autre n'est le salut pour nous, hormis Jésus-Christ. C'est Lui-même du reste qui l'a dit : Sans Moi, vous ne pouvez rien faire (Jean 15,5). Et cette solution est certes bien paulinienne, bien néotestamentaire, bien christocentrique. Nous sommes faibles, mais en Lui nous devenons forts (cf. II Cor. 12,9-10). La solution du dilemme est dans la prière incessante, dans l'invocation inlassable de Jésus. Nous sommes appelés à être actifs, mais nous ne le sommes que par sa force. Car c'est Lui qui vient combattre pour nous et appuyer nos efforts. Donc, grâce et activité s'allient intimement, indissolublement dans cette vie qui vient de Jésus-Christ. Il y a les dons de l'Esprit, la grâce de la persévérance dans le combat, la virilité de l'âme, l'héroïsme spirituel, le processus de la sanctification, de l'ascension qui commence dès à présent et auquel nous sommes appelés dès à présent. Mais tout cela, ce sont des dons, des prêts qui viennent de Lui et qu'Il peut retirer à chaque moment. Rien n'est à nous. De là l'humilité sur les hauteurs de la sainteté. »[15]

La vie spirituelle, tout ce qui est dit dans les chapitres précédents, est indissociable de la prière.
« Tout ce combat, toute cette activité est prière, toute cette vie est prière, toute la force provient de la prière, ou plutôt de Celui qu'on appelle à l'aide et qui vient nous délivrer de nos ennemis et combattre pour nous. En d'autres mots, toute cette activité si virile, si intense et si courageuse qu'elle soit, découle de la grâce, est nourrie de la grâce, est nulle et impuissante sans la grâce. Et dans l'austérité du combat et de la crucifixion, il y a la présence de Celui qui vient à notre aide : du Seigneur Jésus, Fils de Dieu. L'austérité de la Croix est en même temps la sérénité de la Croix et la joie qui découle de la Croix.  »[21]
Très éclairants à ce sujet sont les extraits ci-après de lettres du starets Théophane le Reclus (1815-1894), par ailleurs évêque et traducteur de la Philocalie en russe, qui sont citées et commentées par N. Arséniev[22].
« La croissance dans la vie spirituelle s'identifie à la croissance dans la prière ; elle doit illuminer la vie tout entière, celle de tous les jours, avec ses peines et ses soucis ; elle doit sanctifier tous les détails de la vie intérieure et extérieure, tous nos rapports avec notre prochain. »[23]
Il s’agit ici principalement de la prière de Jésus, la prière du cœur, fondée sur l’invocation incessante du nom de Jésus (cf. § 2.3) : Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ! Cette prière, gardée comme la pierre précieuse de l’Orthodoxie, est enseignée et pratiquée avant tout dans les monastères. Pour les fidèles qui vivent dans le monde, dans les paroisses, la prière peut prendre bien d’autres formes. Une grande place revient notamment à l’utilisation de livres de prières, pour les prières du matin et du soir, les prières avant la communion… L’important est de se tenir à une règle de prière, en accord avec son confesseur. Mais l’enseignement des grands startsi reste toujours valable en ce qui concerne l’attitude intérieure, qui est fondamentalement la même pour tous. La Philocalie rend compte de cet enseignement, ou plutôt de cette expérience qui parcourt les siècles. Déjà saint Paul avait prêché la crucifixion du vieil homme et l'union avec le Christ (cf. Rom. 6,5-11), le Christ qui est l'unique centre.
« Il n'y a qu'une chose qui soit nécessaire : s'unir dans le cœur au Seigneur et ne pas s'en éloigner ni en pensées ni en sentiments. Imitez le saint prophète qui a dit : Je mets le Seigneur constamment sous mes yeux ; puisqu’Il est à ma droite, je ne chancellerai pas (Ps. 15,8). Songez que vous êtes sous l'œil du Seigneur qui est au-dessus de votre cœur et y voit tout. Alors va naître en vous une intense crainte de Dieu, vous vous habituerez à vous examiner intérieurement, à éloigner de vous toute mauvaise pensée, tout mauvais sentiment et à cultiver en vous la sobriété de l'esprit. Si Dieu vous accorde que cette vie devant sa Face vous devienne habituelle, alors vous n'aurez plus besoin d'être conseillé : Lui seul vous guidera en tout. »[24]
« La prière est la respiration de la vie spirituelle… Priez sans cesse (I Thess. 5,17, cf. aussi Luc 18,1) : le Seigneur est proche et son secours est proche à tout instant… Le plus important de tout, c'est de marcher devant Dieu ou sous le regard de Dieu, avec le sentiment que Dieu a les yeux sur vous, qu'Il pénètre votre âme, votre cœur, et que là Il voit tout... Ce sentiment est le levier le plus fort pour promouvoir la vie intérieure. »[25]

http://www.orthodoxeametz.fr/Quelques%20elements%20de%20spiritualite%20orthodoxe.htm#2.3.%20L%E2%80%99invocation%20de%20J%C3%A9sus

sábado, 26 de março de 2011

Rosario de la Oracion del Corazon

la Oracion del Corazon para el hombre de hoy



 

Queremos entonces ofrecer un Rosario que se base solamente en las palabras de la Iglesia, y la Escritura, y nunca usara cosas tales como una supuesta "palabra sagrada" que uno se invente, tal como la desviacion moderna de la oracion "centrante". Todas las oraciones seran pues, precisamente aquellas que la Iglesia nos entrega, y nunca se usara nada de nuestra invencion, por mas "inspirada" que esta parezca. Aqui hemos tomado mucho en cuenta la opinon que sobre la oracion vocal de la Iglesia, el gran teologo del siglo XX, Garrigau Lagrange, entiende.

Se usaran las cuentas ordinarias de nuestro Rosario, tal como las conocemos, y con oraciones muy profundas, desde el mismo corazon de la Iglesia, pero que nosotros las hemos lamentablemente rutinizado.

Primero que todo, debe haber un ambiente particular para la oracion, donde el silencio, y la mesura reinen, preferiblemente al que nadie tenga acceso, excepto por el conyugue, si es el caso. Ahi habran dos iconos (el Rostro de Cristo, y Maria Teotokos) y ademas el Crucifijo, con la imagen del Senor crucificado. El Crucifijo y estos dos iconos deberian ser muy preferiblemente bendecidos por un sacerdote.

El "ambiente sagrado" es un espacio especial, que algunos poseen y otros no.

Miremos, por ejemplo, una Iglesia "moderna", de esas de hace 40 anos. Adentro hay una sencillez cubica y neo-espartana, y algunas no tienen ninguna imagen, o escasamente una o dos. Aqui uno se siente como en una oficina agradable, o mejor aun, como en un aereopuerto super-aceptico...pero no hay sacralidad, y de hecho esta se evita a toda costa, ya que vamos a "celebrar una fiesta comunal, con una comida  compartida"; por tanto tiene que haber un ambiente tal que permita que las personas se encuentren, participen en esa "festividad comportida". Es un espacio iconoclasta creado por el hombre y para el hombre, con una presencia pseudo-sacra socialmente compartida, que viene a sellar esta comun-union de personas "del pueblo de Dios".

Veamos que pasa en un ambiente de "iglesia vieja", o lo mas vieja que deseemos, tal como en la ciudad de Roma existen por montones. Que sucede ahi? Pues que lo primero que ocurre es que impone en uno una actitud de silencio, de respeto. Ahi todo esta orientado al centro, a un punto focal cada vez mas exuberante, pudieramos decir glorioso, y todo lo que rodea ese centro es de una belleza secundaria, con relacion ha ese pivote central. No permite este espacio el parloteo de la "celebracion de una cena comunal", por el contrario aqui mas bien se recibe algo, algo que no vienen de mi, sino que viene de lo alto. Digamoslo, se siente, se respira, un ambiente sagrado palpable, un ambiente que quiere, a proposito, imitar al cielo con sus altas cupulas, que quiere imbuirse del Sacrificio de Cristo conformando las galerias en una cruz gigante, que se recuerda el "Sol de justicia" mirando hacia el oriente. Este es el espacio que el Modernismo quiere destrozar y evitar, ya que aqui lo que se hace es el Sacrificio de la Santa Misa, y eso no gusta al paladar del hombre de ideologia para-Conciliar post-Vaticano, al hombre moderno desacralizado.

Nosotro queremos tener en nuestro hogares un "ambiente sagrado", que sirva para la gloria de Dios, y no de actividad social. Aqui, no queremos, y evitamos, todo contacto inter-persona, aun cuando podemos vivir una oracion "comunitaria", orando en parejas, o en pequenos grupos. Se trata de Dios y tu, solamente. Ciertamente, una modalidad compartida es aceptable, pero no queremos detenernos en tal contacto social per se; no queremos que sea este el punto central; lo que nuestra alma desea, con esa sed de desierto, es saciarnos con las frescas aguas del torrente que saltan para la vida eterna. Cuando uno tiene sed, si mi hermano bebe agua, aun asi me yo quedo sediento, por mas comunitario que el ambiente sea. Yo tengo que beber mi propia agua, yo tengo que hacer mi encuetro, yo tengo que recibir a mi Dios.

El hablar viene al final, afuera del ambiente sagrado, pues dentro de ese "espacio sagrado", lo unico que se hace es orar, hacia el Senor, hacia el oriente, dejar que nuestra alma vuele hacia El, donde hay silencio para que todo nuestro ser pueda escuchar, solamente, la voz "del que viene". Ahi queremos, ciertamente, escuchar la voz del amado cervatillo que llega triscando por entre las irregularidades de nuestro terreno espiritual, ahi queremos allanar todos los caminos para que Su gloria se manifieste en nosotros, pues queremos vivir con el, por el, y para el. No nos interesa socializar, queremos orar, queremos contemplar.

Miremos pues este nuestro pequeno "espacio sagrado", que tenemos que construir. Ya vimos que consiste de tres elementos basicos, los iconos, y el Crucifijo, en una mesita mas bien pequena. El Crucifijo estara a la izquierda, el Santo Rostro de Jesus estara a la derecha, y el icono de la Virgen Maria con el Nino, o sea Theotokos, estara en el medio (y hacia atras). Justo al frente de la Madre estaran tres cirios juntos, bien apretados en forma de trebol (o un cirio comun con tres llamas) como recuerdo del fuego devorador que la Santisima Trinidad es.Estos cirios seran ademas perfumados, como recuerdo de nuestra "oracion agradable" que sube al cielo.

Como se ve para la configuracion del "espacio sagrado" es primero necesario figurarnos mentalmente en la mesita unas lineas en forma de cruz. Esta pequena mesa tendra un mantel lo mas hermoso y digno que podamos obtener, para darle a El Su Gloria.

Ahora bien, si se quisiera explicar en muy pocas palabra en que consiste esta oracion, os diremos que consiste en cuatro miradas a lo sagrado, donde nosotros, el yo, viene a ser secundario. A cada una de las cuatro miradas, le acompanan las cuatro partes de la "Oracion del Corazon": La primera mirada es al icono de la Santa Faz del Senor (orando, "Senor Jesucristo"), la segunda mirada al icono de la Madre con su Hijo (orando, "Hijo del Padre"), la tercera mirada es al icono del Crucifijo (orando, "ten piedad de mi"), y finalmente la cuarta mirada a los tres cirios (orando "pobre pecador").

Fijaos muy bien en lo que se dice, y fijaos tambien en lo que se mira, asi como a todo lo que este mirar y decir evoca, pues ahi mismo comienza la posibilidad de la contemplacion.

La cuarta mirada tiene dos modalidades. La primera modalidad debe ser la mas comun en los principios, y en ella nos abrimos a lo sagrado, a la Santisima Trinidad, al tiempo que reconocemos lo que somos: "pobres", y "pecadores". Asi: a) Asi en la cuarta mirada, nos fijamos en el fuego de los tres cirios. Y es, por tanto, la ultima mirada a lo sagrado, al Dios Tri-Uno. b) Mas adelante, cuando hay mas experiencia en esta oracion, entonces pasamos a miramos a nosotros mismos, o mas bien a nuestro corazon; asi, hacemos una mirada interior. Es una mirada a ese barro, y polvo que realmente somos, y rogamos diciendo, "pobre pecador".

Y recapitulando, vemos que, a la izquierda de esa cruz imaginaria esta el Crucifijo, y a la derecha de la cruz el icono del Santo Rostro de Jesus, en la punta norte de la cruz el icono de la Santisima Virgen Maria con su Hijo, en la parte sur, de la cruz imaginaria, los tres cirios (bien aproximados, diriamos en forma de trebol).

Se trata aqui de utilizar, a favor del orante, recursos sensoriales, y santificante validos, tales como los sacramentales, para que den un espacio para el Dios que se revela. Sin embargo, Dios es soberano, y se manifiesta cuando lo quiera, como lo quiera y donde lo quiera, por tanto, esto no es un rito magico, sino simplemente un cierto modelo de oracion, con ligero remedo de para-liturgia, creando un "espacio sagrado", que se respetara, y sera utilizado solo para la oracion.

El uso pecaminosode nuestros sentidos nos llevan a la perdida del alma, pero aqui utilizaremos todos nuestros sentidos para adentrarnos en el Senor, para salvarnos.

Los protestantes, con una fe desencarnada, han olvidado que tenemos un cuerpo, pero la cristiandad original, Catolicos y Ortodoxos, tenemos agudamente presente que nuestro cuerpo en general, y los sentidos en particular, asi como la memoria, la imaginacion, el sueno, nos pueden traicionar, nos plagan, y frecuentemente no nos dejan orar. Pero, para la conduccion de este Rosario nos apoyaremos en el uso apropiado de nuestros sentidos: la vista para los iconos, el oido para escuchar la oracion, el tacto con el paso de las cuentas del Rosario, el olfato con los cirios preferiblemente perfumados, como simbolos del "perfume agradable a Dios" que es, precisamente, la oracion, y mas que todo representa a la Santisima Trinidad.

El paladar aqui no tiene lugar, y muy a proposito se queda vacio, pues no solo del pan se alimenta el hombre sino mas bien de toda Palabra que proviene de Dios. Asi pues, aqui el paladar no se expresa ni se desea, en este metodo de oracion con apoyo de recursos sensoriales, o mas propiamente con sacramentales. Por otro lado, cada oracion ademas sera precedida, si posible, de un "pequeno ayuno", de modo que el espiritu este pronto y la carne obediente.

Aqui no se trata tanto de concentrarnos en evitar el ruido interior, como tampoco combatir las distracciones, y en fin, todo eso que del mundo habita en nuestra carne y mente. Simplemente siguiendo las sencillas pautas, aquello que se hubiera querido evitar nos moleste, probablemente no tendra lugar, o solamente muy poco, puesto que realmente es axiomatico que no se pueden hacer dos cosas al mismo tiempo, y asi al orar "con nuestro sentidos" predeterminadamente ocupados, ellos de forma muy natural sacan automaticamente todo lo demas, todo lo que no es Dios.

Sigue tranquilamente esa rutina, no pierdas tu tiempo combatiendo tu mente, sigue el suave movimiento de las miradas al mirar los iconos, siente y usa tu rosario, escucha tu oracion, siente el ambiente "sagrado" del perfume agradable a Dios, y asi todo lo demas; descansa en el Senor, y ya todo lo demas vendra por anadidura.

Los "pasos" del Rosario de la Oracion de Jesus

La oracion de Jesus, en este Rosario, se hace en cada una de las 10 cuentas, y se dividira, fundamentalmente en tres momentos:

1ro rezar, "Senor Jesucristo, " fijando la mirada en el icono del maravilloso Rostro del Senor, a la derecha. Ahora tenemos aqui donde reside la belleza, realmente la unica belleza pues todo lo demas, en comparacion, es feo. Tenemos la dicha que millones de hombres e incontables generaciones no tuvieron, poder ver el rostro del Senor. Su nombre maravilloso es su ser, "Jesus", y su mision salvadora solo fue posible porque el es el Mesias esperado, el Cristo. Asi pues, el rostro del Senor une a su belleza la austeridad y majestad de su faz, y su mision, por la que el clamara, "Abba, si puedes quitame este caliz, pero que se haga tu voluntad, y no la mia..." El da la vida por sus amigos, nosotros, a los que da el amor mas grande, y nos ama hasta el extremo. Ese que vemos primero es el rostro-del-Hombre-Dios-que-nos-salva. Unico rostro que merece, en toda propiedad, adoracion.
2do rezar, "Hijo del Padre (o Hijo de Abba)", reposando la mirada en el icono de nuestra Senora con el Hijo, es decir, en el acto de pasar nuestra mirada de la derecha a la izquierda, encontramos hacia atras, en el medio-norte de la cruz imaginaria, a Maria, a la que damos una mirada de amor, y agradecimiento. Ella es Theotokos y aquella a la que se le traspaso el corazon, ella fue el primer Sagrario. A ella, colocada posteriormente, en el medio-norte, la miramos con amor. Ahi miras, realmente, el milagro del Dios Padre quien envia a Dios Hijo, y se encarna, haciendose una persona divina, Dios-hombre. Aqui contemplamos el milagro de la paternidad divina, por medio del Espiritu Santo, que fecunda al Hijo, gracias al Fiat de Maria-Theotokos.
3ro, continua rezando "Piedad de mi", naturalmente moviendo tu rostro hacia la izquierda, fijando ahora la mirada en el Crucifijo, en el Senor crucificado, enfrentandose aqui la inmensa paradoja del Hijo del Hombre, el Santo de Dios, crucificado, totalmente indefenso, con nuestra peticion de "ayuda". Le rogamos al Dios Crucificado para que, aun en su impotencia, nos perdone! El muere por nuestros pecados y para nuestra redencion, pero aqui le pedimos Su piedad, compasion. Imagninaos que estais crucificado, y alguien nos pide ayuda...que absurdidad, como un crucificado puede ayudar al que anda libremente? Pero no; es al Hijo de Dios a quien rogamos. Penetrad en el sentido de como el valor de redencion es posible. Como el Cordero degollado es, precisamente, el unico que me salva, pues "por sus heridas somos sanados", y sus Cinco Llagas son digans de toda adoracion.
4to, en la parte anterior, del medio-sur de la cruz imaginaria, estan los tres cirios, juntos, encendidos representando a la Santisima Trinidad. Estos son cirios perfumados, y son el "perfume agradable"de la oracion que se eleva al Dios Tri-Uno Estos tres cirios unidos representan a nuestra oracion que sube al Padre, pero muy importantemente esas tres llamas tambien representan el misterio insondable de la Santisima Trinidad, tres Personas en un solo Dios, y asi pues hay tres llamas en un solo "trebol". Aqui se hace una pausa, una mirada contemplativa, simplemente descansado en ese Dios-Tri-Uno, y ahora aqui oramos rezando "pobre pecador", al principio fijandonos en ese fuego ardiente que es Dios, representando a la Trinidad en el (los) cirio (s) . Mas adelante, cuando estemos mas preparados, damos una "mirada interior" a nuestro corazon humano, si; pero ya abierto de tal manera que su gracia santificante nos penetre. Es admitir la realidad de que "el Reino de los cielos esta dentro de vosotros". Entonces no nos miraremos para ser protagonistas. No. Nos miramos interiormente para saber cual es nuestra realidad profunda. Con nuestros ojos cerrados, en este instante nos atrevernos a rogar utilizando una excusa, la de "pobre"; pobre-pecador. Nada somos, nada tenemos, y en nuestra debilidad siempre caemos, asi el ser-pobre es esencial a nuestro modo de ser, y por esa pobreza misma nos atrevemos anadir que rogamos porque soy un "pobre pecador". El "Peregrino Ruso" nos aconseja que coloquemos nuestra oracion dentro de nuestro propio corazon fisico, que es entonces como una saeta lanzada que penetra nuestro corazon fisico, y donde la virtud de toda la oracion arriba, y descansa.

http://ecclesiaprimus.blogspot.com/2010/04/la-oracion-litanica-para-el-hombre-de.html

Comboschini (The Prayer Rope) Meditations of a Monk of the Holy Mountain Athos

LEAD Technologies Inc. V1.01

Monk Iosef with his “sword” (prayer rope ).

 Preface

A few years ago, with the blessings of the very reverend Father Joseph, Abbot of the Xiropotamos Monastery of the Holy Mountain Athos, we reprinted, in a booklet, the most didactic article about the prayer rope, which had been published in "Agioritiki Martiria," a magazine issued by the Xiropotamos Monastery.
Due to the fact that the booklet proved very helpful and because of the pastoral needs of all the English speaking Orthodox brothers around the world, it was suggested that we should proceed and publish this booklet in English.
We have to thank the very reverend Father Joseph, Abbot of the Xiropotamos Monastery, for his offer and his love.
The prayer rope is not intended to be used only by monks, but it can also be used by laymen and, generally, by anyone who wants to pray to God. The prayer rope is not some kind of amulet with magic or exorcising powers, like those given to simple-minded people by magicians or mediums, worn on the wrist or round the neck. On the contrary, it is a purely Orthodox holy object used only for praying and nothing else. We use the prayer rope in order to pray secretly.
At this point we have to note something very important: there are many books that refer to the prayer. However, before we start following any rule or prayer, we must necessarily ask for the advice, the blessing and the spiritual guidance of our spiritual father, i.e. the Priest to whom we confess our sins. That is what the Holy Fathers have taught us for centuries, in order to avoid delusion and, thus, not to lose the right Orthodox path.
There are two ways we can pray using the prayer rope:
  1. At any time of the day when we have free time, without being seen by anyone, secretly, we hold the prayer rope with our left or right hand and move from knot to knot with our thumb whispering simultaneously or meditating upon the prayer: "Lord Jesus Christ have mercy on me" or "Most Holy Theotokos save us".
  2. At the time of our regular prayer, when we pray following the rule of prayer that our spiritual father has told us to follow, we hold the prayer rope with our left hand between the thumb and the index finger and move from knot to knot. At each knot we simultaneously do two things: i) with our right hand we make the sign of the cross over ourselves and ii) we say the prayer "Lord Jesus Christ have mercy on me". When we finish with all the knots of the prayer rope, we continue following the same procedure, for as many times as our spiritual father has told us to.
We hope that all our brothers and sisters in Christ will be helped by this little book, which is the result of the experience of an anonymous Monk of the Holy Mountain Athos. We also hope that everyone will use the prayer rope in the way our Holy Fathers have taught us, even if one lives in a society and not in a monastery.
—Thessaloniki, Greece Archimandrite Joseph
+ + +
Let us pause for a moment just to look at a little prayer rope, like this one made of black wool on Mountain Athos. It is a blessing from a holy place. Like so much that we have in the Church, it is a blessing prepared and given to us by a brother or father in Christ, a living witness to living tradition. It is black, the color of mourning and sorrow, and this reminds us to be sober and serious in our lives. We are taught that repentant prayer, especially the Jesus Prayer, can bring us what the Holy Fathers call joy-creating sorrow—in Greek "Harmolipi". We are sorry for our sins and our weakness and failings before God, our fellow men and ourselves; but in Christ, Who pours out His mercy and forgiveness on all who call upon His Name, this sorrow becomes a source of joy and comfort. This prayer rope is knotted from wool, that is, it has been sheared from a sheep, a reminder that we are rational sheep of the Good Shepherd, Christ the Lord, and also a reminder of the Lamb of God Who takes away the sins of the world (see: John 1:29). And the cross likewise speaks to us of the sacrifice and victory of life over death, of humility over pride, of self-sacrifice over selfishness, of light over darkness. And the tassel? Well, you can use it to wipe the tears away from your eyes, or, if you have no tears, to remind you to weep because you cannot weep.
Besides, from the Old Testament times, little tassels have been a decoration for sacred vestments, a reminder of the sacred tradition in which we participate when we use the prayer rope.
Prayer ropes are made in keeping with a tradition whose origin is lost in antiquity. Perhaps one of the earliest forms was simply gathering small pebbles or seeds and moving them from one spot or container to another as one said his prayer rule or did his rule of bows or prostrations. The story is told of a monk who decided to make knots in a rope, which he could use in carrying out his daily rule of prayer. But the devil kept untying the knots he made in the rope, frustrating the poor monk's efforts. Then an angel appeared and taught the monk a special kind of knot that consists of ties of interlocked crosses, and these knots the devil was unable to unravel.
Prayer ropes come in a great variety of forms and sizes. Most prayer ropes have a cross woven into them or attached to mark the "end", and also have some kind of marker after each 10, 25, or 50 knots or beads. There are many forms of prayer ropes, some knotted of wool or silk, or other more elegant or simpler materials. Others are made of beads or the dried flower of a plant called "Tears of the Mother of God".
The prayer rope is one of the items given to an Orthodox Christian monk at the time of tonsure: it is given to him as his spiritual sword with which he, as a soldier of Christ, must make war against our spiritual enemy, the devil. This sword is wielded by calling on the name of our Lord and God and Savior Jesus Christ in a plea for mercy on me a sinner. This prayer can be said in a shorter form, such as: "Lord Jesus Christ have mercy on me"; or in a longer form, as: "By the prayers of the Most Holy Theotokos and all the Saints, Lord Jesus Christ have mercy on me".
Other short prayers: the prayer of the publican: "God be merciful to me a sinner" (see: Luke 18:13), the prayer to the Mother of God: "Most Holy Theotokos save us", or other short prayers to the Guardian Angel, to individual saints or to all the saints can also be offered with the assistance of the prayer rope. A common form of such a prayer is: Holy Guardian Angel—or Saint (name)—pray to God for me. By changing the words of these short prayers and saying: "have mercy on us", or "pray for us", or by including the name or names of persons we want to pray for, we can also use the prayer rope for intercessory prayers. This also applies to those already departed this life: "Give rest O Lord to the soul of Thy servant."
When monks carry the prayer rope in their hands, it serves as a reminder of their obligation to pray unceasingly. In keeping with the commandment of the Holy Apostle Paul to "pray without ceasing". Anyone can keep a prayer rope in a pocket or some other discreet place where it can be easily used unnoticed when in situations where it is better to pray or remember prayer in secret, without attracting the attention of others. The prayer rope can also be placed over the head of our bed, in an automobile, with a small cross or icon, or in other appropriate places as a reminder of prayer and a kind of blessing and a holy and godly presence in our lives.
But now, let us discuss briefly the primary use for which this prayer rope was made. The whole purpose of the prayer rope is to assist us in offering our prayers before God and His Saints. In addition to serving as an external reminder and a blessing present with us, how can this little rope help us to pray? We can pray without a prayer rope, of course, and there are times when using the prayer rope may become a distraction for us in our attempts to concentrate in prayer. With that in mind, let us consider some ways in which the prayer rope can be of assistance.
There are times when our prayer is fervent and it is easy for us to pray. There are times when our thoughts are so distracted that we find it virtually impossible to concentrate on prayer. This is especially true when we try to keep a rule of prayer each day. Some days it goes very well, but other times—if not most of the time?—our efforts seem almost to be in vain. But because we are "creatures of habit", as the saying goes, it is very profitable for us to set apart a special and regular time (or times) during the day for prayer. The time in the evening before going to bed is a good time, as it is important to end the day with prayer. The morning, upon awakening from sleep, is also good, so as to begin the new day with prayer. Or a person may find other times during the day when he is able to be quiet and concentrate.
We are trying to establish a rule of prayer in our lives, not an exception, so we want to find a time when each day we can find some quiet in order to concentrate and turn the eyes of our soul towards God.
We may want to read some prayers form a prayer book as part of this rule, or offer prayers and find quiet for our souls in other ways, such as reading religious literature, reflecting over the events of the past day—"Anaskopisis" [1]—and so on. But one of the most effective ways to find benefit from a rule of prayer is to say a set number of the Jesus Prayer regularly each day. This does not have to be a large number, and it may take only fifteen minutes or so, but that will be the portion of our day that belongs to God, the little grains of salt that will add savor to our Christian life. This practice is now recommended by many physicians for the sake of a person's physical health, especially in overcoming stress. Better still, find such little pocket of time at various points throughout the day and regularly fill them with the precious treasures of prayer, a treasure no one can steal from you, that is laid up for you in heaven (see: Mat. 6:20).
In maintaining a consistent number of prayers as part of such a daily rule, a prayer rope can be quite helpful. With the prayer rope, you can offer a set number of prayers and concentrate on the words of the prayer as you offer them. After collecting your thoughts, take the cross on the prayer rope in your left hand, holding it lightly between the thumb and the index finger. Then, making the sign of the cross over yourself quietly, whisper the Jesus Prayer. As your thoughts become more concentrated, you may not need to continue crossing yourself or saying the prayer audibly. Other times, when concentration is difficult, use the sign of the cross and whispering as means to help keep your mind on prayer.
It is good to stand, with head bowed, in a humble position; some people like to raise their hands from time to time in their petitions for mercy. But others find it more helpful to sit or kneel, with head bowed, in order to concentrate. A lot depends on the individual and also on his health and upbringing. The important thing is to be able to keep still and concentrate on the words of the prayer as you repeat it.
Of course, a person has to fight off the temptation to "rush". For this reason, some people use a clock instead of a prayer rope as an external measure for their prayer rule. By using a clock, a person can devote a set amount of time to prayer, although he may not keep track of the exact number of prayer he says. But, then again, clocks with electronic beeps are quite a recent development, and keeping a loudly ticking clock that jangles the nerves with a loud alarm bell seldom proves to be a great boon to prayer. So much for traditional use of digital alarm clocks!
The prayer rope is also a convenient way to keep track of the number of bows or prostrations a person makes during his prayer rule. Making the sign of the cross over oneself and then bowing from the waist and touching the ground with one's fingertips, or bowing down on one's knees and touching the forehead to the ground are very ancient ways of offering prayers to God and His Saints. One can combine these bows or prostrations with the Jesus Prayer or any of the short prayers we have mentioned above. The physical action of bowing or kneeling can contribute to the fervor of the prayer and give expression to our supplication, as we humble ourselves before God. This is one way in, which we can carry out the apostolic command to praise God both in our souls and in our bodies. [2] Many people use the prayer rope when they lie down to sleep. After signing their bed with the cross, they take their prayer rope, bless themselves with the sign of the cross as they lie in bed, and quietly pray with the prayer rope until they fall asleep.
And waking up with the prayer rope still in your fingers or next to you on the pillow helps begin the new day with prayer. But ending the previous day with quiet prayer is an even better way to prepare for a prayerful beginning of the new day, not to mention preparing for the Eternal Day should we fall asleep that night in death. And others take their prayer rope in hand during idle moments, such as while commuting or traveling. At any time of the day, whenever you remember to do so, you can take a little prayer rope in your fingers, and the association of that action with the prayer you offer at other times will help you concentrate and offer some prayers during the course of the day whenever you may be, whatever you may be doing. And this is an important step towards fulfilling the commandment to pray without ceasing.
The holy bishop Ignaty Brianchaninov mentions that the lengthy services held in the Orthodox Church are also a good opportunity for praying with the prayer rope. Often there are times when it is difficult to concentrate on the words being read or chanted, and it is easier to concentrate quietly on one's own private prayers, be they extemporaneous prayers for some special need, repeating prayers or psalms that we know by heart, or repeating some short prayer, especially the Jesus Prayer, with the assistance of the prayer rope. In fact, this often helps a person concentrate better on the service itself, something mentioned by St. Seraphim of Sarov. Of course, when we are praying at the services, our prayer is joined to that of the entire Church.
We are constantly occupied by all kinds of thoughts that appear in our heads, and it seems we no sooner start to pray than we catch ourselves thinking about something else. Here again, the physical presence of the prayer rope in our fingers can help us catch ourselves and return to our task of prayer more quickly. Or, meeting up with one of the markers or with the cross on the prayer rope as we move it through our fingers remind us that we have been robbed of the prayers we intended to offer. And immediately we can offer our prayers anew without getting further entangled in our thoughts about how easily we get distracted from prayer to God.
Here we have touched on the great science of prayer, what the holy fathers have named the "art of the arts". There is a great and rich literature written by the great men of prayer from all ages that can help guide us in learning, with God's help, this greatest and most beneficial of all sciences. Regular reading the Holy Gospel, the lives of the saints and other devotional and spiritual literature can be
of great assistance. Such works as the Philokalia contain important and inspiring instruction and direction in learning to pray as a Christian, which is an essential aspect of being a Christian. Above all, however, one needs the grace of God in the Church, especially in communing the Holy Mysteries.
These are just a few introductory thoughts on how we can make good uses of a prayer rope. But the important thing is to start to pray. The prayer rope does not pray by itself, although some of them are so magnificent they may give that impression. Here is an important, traditional aid in offering prayers, and especially for a daily rule of prayer. But the important thing is to concentrate on words of the prayer, to offer heart-felt prayers to Jesus Christ, our Lord and God.
If this little prayer rope helps you to say a prayer or reminds you to pray or helps you in some way to become more prayerful, it will have fulfilled its purpose, it will have tied you more closely and more intimately with Christ our God, and also brought you closer to the Kingdom of God, for "the Kingdom of God is within you." (See: Luke 17:21)

Epilogue

We have to note, once more, that regarding any prayer rule about praying with the prayer rope or any other rule (fasting etc.), the first and the last word has to be said by our spiritual father, in order to avoid delusion, as the Holy Fathers have taught us.
+ + +

Some quotes on the Prayer "Lord Jesus Christ have mercy on me" from our Holy Fathers

In the First Epistle to the Thessalonians the Apostle Paul says: "Pray without ceasing".
St. John Chrysostom in his speech about sobriety and prayer, says the following: "Brothers, be always occupied with the intellectual prayer and do not move far away from God until you receive God's mercy and pity. Never ask for anything but for His infinite mercy and this is enough for your salvation. When asking for His mercy, cry aloud in entreaty with humble and contrite heart form morning to night and, if possible, during the whole night, saying unceasingly: Lord Jesus Christ, Son of God, have mercy on us".
St John Climacus says the following: "Win the enemies in jour mind with the name of God. You will not find any other weapon more effective than this! Similarly you will manage both to appease your passions inside yourself and to efface them with the aid of the prayer".
St. Seraphim of Sarov says: "When mind and heart are united in prayer and the soul is wholly concentrated in a single desire for God, then the heart grows warm and the light of Christ begins to shine and fills the inward man with peace and joy. We should thank the Lord for everything and give ourselves up to His will; we should also offer Him all our thoughts and words, and strive to make everything serve only His good pleasure."
St. Isichios writes about the prayer: "Through the constant remembrance and invocation to Jesus Christ, a holy condition is created in our mind. This happens, if we appeal to Jesus Christ with fervor, crying aloud towards Him in entreaty day and night, so that repetition leads to habit and habit becomes second nature!".
Saint Hieromartyr Cosmas Aetolos (+1779) says: "I advise you to make a Comboschini, all of you, young and old, and hold it in your left hand and cross yourselves with your right hand and say: 'Lord Jesus Christ have mercy on me'".... "I advise all Christians to make Crosses and Comboschinis and I pray to God to bless them, so they can keep them as amulets".

Endnotes

  1. Anaskopisis: in the Fatherly sense of examination, of checking up on ourselves, in order to feel remorse for our sins and become better but also recognize the beneficence of God.
  2. I Corinth. 6:20: you must praise God with your bodies and your souls, which belong to God".
This has been the complete text of the booklet Comboschini (The Prayer Rope): Meditations of a Monk of the Holy Mountain Athos. Published with the blessing of Abbot Paisios, St. Anthony's Monastery, Florence, AZ. Posted 8/21/2005.

http://orthodoxinfo.com/praxis/comboschini.aspx

Quelques éléments de spiritualité orthodoxe

Quelques éléments de spiritualité orthodoxe
Père André
Introduction
Conclusion   Bibliographie  

La Bible dans la prière orthodoxe : La prière du Nom de Jésus


La Bible dans la prière orthodoxe
Père André Jacquemot
Texte légérement augmenté d’une communication à la journée de rencontre organisée par la Commission œcuménique de Moselle, le 29 mai 2010 à Peltre, sur le thème : «  La Bible nous parle-t-elle encore ? »  
Pour enregistrer le texte de cette intervention sous format PDF cliquer sur ce lien
Plan
 
 
 

La prière de Jésus est très pratiquée dans le monde orthodoxe. Elle consiste à invoquer le nom de Jésus de manière répétée en une courte formule (d’où le nom de prière monologique : une seule parole). La formule habituelle est : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur ». L’avantage est qu’on peut la dire à tout moment, que l’on soit occupé ou non.
Le principe de l’invocation continuelle est biblique : « Priez sans cesse » (1 Thess. 5, 17). « Je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront… Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Joël 2, 28-32, cité par Pierre dans son discours de la Pentecôte en Actes 2, 17-21 ; et par Paul en Rom. 10, 13).
Et de fait, l’invocation du Nom du Seigneur traverse toute la Bible , dès les premiers hommes :
« Seth (fils d’Adam) eut aussi un fils, et il l'appela du nom d'Enosch. C'est alors que l'on commença à invoquer le nom du Seigneur. » (Gen. 4, 26)
« Et David fit monter l'arche de Dieu, devant laquelle est invoqué le nom du Seigneur des armées qui réside entre les chérubins au-dessus de l'arche. » (2 Sam. 6, 2)
« Et vous direz en ce jour-là : Louez le Seigneur, invoquez son nom, publiez ses œuvres parmi les peuples, rappelez la grandeur de son nom ! » (Is. 12, 4)
« Et j'ai invoqué le Nom du Seigneur : Seigneur, délivre mon âme ! » (Ps. 114, 4)
« Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu'il m'a rendu ? Je prendrai la coupe du salut, et j'invoquerai le nom du Seigneur. » (Ps. 115, 3-4)
L’un des noms préférés de Dieu est « Seigneur » : « Qu’ils sachent que ton Nom est Seigneur, Toi le seul Très-Haut sur toute la terre » (Ps. 82, 19). C’est l’équivalent ici du Tétragramme hébraïque YHWH (Yodh, Heh, Wav, Heh), que certaines Bibles modernes transcrivent sous la forme « Yaveh », mais que les juifs s’interdisent de prononcer et remplacent par « Adonaï ». Les Bibles protestantes traduisent par « l’Eternel ». Mais la Septante a traduit par « Kyrios », qui est l’équivalent de « Adonaï », c’est-à-dire « le Seigneur ».
A partir du Nouveau Testament, le Nom de Dieu est aussi « Jésus ». Lorsque les prêtres du Temple de Jérusalem demandent au nom de qui il fait des guérisons, Pierre répond : « C’est au nom de Jésus-Christ… Car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4, 10-12)
En effet, le Tétragramme signifie : « Je suis Celui qui est » ou « mon nom est Je suis ». C’est la réponse de Dieu à la question de Moïse devant le Buisson Ardent : « Quel est ton Nom ? » (Ex. 3, 13-14). Et Jésus reprend ce Nom à son compte : « Avant qu’Abraham fut, Je suis » (Jean 8, 58). L’identification de Jésus avec le Dieu qui s’est révélé à Moïse est indiquée sur les icônes par les trois lettres grecques dans la croix de l’auréole du Christ : « ὁ ὤν », c’est-à-dire : « Celui qui est ».
Les Actes des Apôtres parlent de « ceux qui invoquent le nom du Seigneur Jésus » pour désigner les chrétiens (Act. 9, 14 ; 9, 21 ; 19, 13 …). Et Paul s’adresse « à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Cor. 1, 2).
La formulation de la prière de Jésus est biblique elle aussi. Il s’agit d’une contraction de la prière de l’aveugle de Jéricho « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi » (Luc 18, 35-43) et de la prière du Pharisien « Ô Dieu, aie pitié de moi pécheur » (Luc 18, 17).
C’est une formule développée d’une prière plus archaïque : « Kyrie eleison » (Seigneur, aie pitié, ou fais-nous miséricorde, ou donne-nous ta grâce). Le Kyrie eleison qui reste la prière de l’Eglise dans les litanies (le prêtre ou le diacre annonce l’intention de la prière, et le peuple répond par la prière : Kyrie eleison).
Quel est l’intérêt, quel est le but de cette invocation continuelle ? C’est d’être habité par Dieu. La Bible nous parle lorsqu’elle nous habite.
En conclusion, si j’ai dû au départ reformuler la question «  la Bible nous parle-t-elle encore », je crois néanmoins avoir montré « comment la Bible nous parle » dans l’Eglise orthodoxe.

 

sexta-feira, 25 de março de 2011

L'Usage Pratique de la Prière de Jésus : 1. FORME DE LA PRIÈRE 2. ÉPISODE OU MÉTHODE 3. LES PREMIERS PAS : ADORATION ET SALUT 4. INCARNATION 5. TRANSFIGURATION 6. LE CORPS DU CHRIST 7. LA CÈNE DU SEIGNEUR 8. LE NOM ET L’ESPRIT 9. VERS LE PÈRE 10. JÉSUS TOUT ENTIER

IESUS CHRISTUS

1. FORME DE LA PRIÈRE
L’Orient byzantin a désigné, assez inadéquatement, sous le terme de " prière de Jésus " toute invocation centrée sur le nom même du Sauveur. Cette invocation a revêtu des formes diverses, selon que le nom était employé seul ou inséré dans des formules plus ou moins développées. Il appartient d’ailleurs à chacun de déterminer " sa " propre forme de l’invocation du nom. Une cristallisation s’est opérée en Orient autour de la formule : " Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur ", mais cette formule n’a pas été et n’est pas la seule. Est authentiquement " prière de Jésus ", au sens byzantin, toute invocation répétée dont le nom de Jésus constitue le coeur et la force. On peut dire, par exemple : " Jésus Christ ", ou " Seigneur Jésus. " La formule la plus ancienne, la plus simple, et, à notre avis, la plus facile est le mot " Jésus " employé seul. C’est dans ce sens que nous parlerons ici de la " prière de Jésus ".
Ce mode de prière peut être prononcé ou seulement pensé. Il se trouve donc à la limite entre la prière vocale et la prière mentale, et aussi entre la prière méditative et la prière contemplative. Il peut être pratiqué en tout temps, en tout lieu : église, chambre, rué, bureau, atelier etc. On peut répéter le nom en marchant. Les débutants feront cependant bien de s’astreindre à une certaine régularité dans cette pratique et de choisir des heures fixes, des lieux solitaires. Cet entraînement systématique n’exclut d’ailleurs pas l’usage parallèle et entièrement libre de l’invocation du nom.
Avant de prononcer le nom de Jésus, il faut d’abord essayer de se mettre soi-même en état de paix et de recueillement, puis implorer l’aide du Saint-Esprit par lequel seul on peut dire que Jésus est le Seigneur (1 Co 11,3). Tout autre préliminaire est superflu. De même que, pour nager, il faut se jeter à l’eau, ainsi faut-il tout d’un coup se jeter dans le nom de Jésus. Ce nom ayant été prononcé une première fois avec une adoration aimante, il n’y a qu’à s’y attacher, à y adhérer, à le répéter lentement, doucement, tranquillement.
Ce serait une erreur de vouloir " forcer " cette prière, d’enfler intérieurement la voix, de chercher l’intensité et l’émotion. Lorsque Dieu se manifesta au prophète Élie, ce ne fut ni dans la tempête, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais bien dans le calme murmure qui leur succéda (1 Rs 19). Il s’agit de concentrer peu à peu tout notre être autour du nom et de laisser celui-ci, comme une tache d’huile, pénétrer et imprégner silencieusement notre âme. Dans l’acte d’invocation du nom, il n’est pas nécessaire de répéter ce dernier d’une manière continue. Le nom prononcé peut se " prolonger " dans des minutes de repos, de silence, d’attention purement intérieure : tel un oiseau alterne le battement d’ailes et le vol plané. Toute tension, toute hâte doivent être évitées. Si la fatigue survient, il faut interrompre l’invocation et la reprendre simplement lorsqu’on s’y sentira disposé.
Le but à atteindre et non une répétition littérale constante mais une sorte de latence et de quiescence du nom de Jésus dans notre coeur : Je dors, mais mon coeur veille (Ct 5,2). Et que l’on bannisse toute sensualité spirituelle, toute recherche de l’émotion. Sans doute il est naturel que nous espérions obtenir des résultats en quelque sorte tangibles, que nous voulions au moins toucher la frange du vêtement du Sauveur et ne le point laisser aller qu’il ne nous ait bénis ; mais ne pensons pas qu’une heure où nous aurons invoqué le nom sans rien " sentir ", en demeurant apparemment froids et secs, ait été une heure perdue et inféconde. Cette invocation que nous pensions avoir été stérile sera au contraire très acceptable à Dieu, parce que techniquement pure, si l’on peut dire, parce que dépouillée de toute préoccupation de délices spirituelles et réduite à une offrande de la volonté nue. D’ailleurs, dans sa gracieuse miséricorde, le Sauveur enveloppe souvent son nom d’une atmosphère de joie, de chaleur et de lumière : Ton nom est un parfum répandu... Attire-moi (Ct 1,3-4).

2. ÉPISODE OU MÉTHODE 
Ce que nous dirons avec sobriété et vérité en faveur de la " prière de Jésus ", c’est qu’elle aide à simplifier et à unifier notre vie spirituelle. Alors que des méthodes compliquées dispersent et fatiguent l’attention, cette prière qui consiste en un seul mot possède un pouvoir d’unification, d’intégration, bienfaisant aux âmes divisées dont le nom et le péché " est légion " (Mc 5,9). Le nom de Jésus, devenu le foyer d’une vie, rassemble tout. Mais qu’on n’aille pas s’imaginer que l’invocation du nom soit un moyen court qui dispense des purifications ascétiques. Le nom de Jésus est lui-même un instrument d’ascèse, un filtre au travers duquel ne doivent passer que les pensées, les paroles, les actes compatibles avec la divine et vivante réalité que ce nom symbolise. La croissance du nom dans notre âme implique une décroissance correspondante du moi séparé, la mort quotidienne à l’égoïsme dont tout péché découle.

3. LES PREMIERS PAS : ADORATION ET SALUT
Il y a des degrés dans la " prière de Jésus ". Elle s’approfondit et se dilate selon que nous découvrons dans le nom un contenu nouveau. Elle doit débuter comme adoration et sentiment de présence. Puis cette présence est éprouvée comme celle d’un Sauveur (car tel est le sens du mot " Jésus "). L’invocation du nom est un mystère de salut en tant qu’il apporte une délivrance. Prononçant le nom, nous recevons déjà ce dont nous avons besoin. Nous le recevons dès maintenant en Jésus qui est, non seulement le donateur, mais le don ; non seulement le purificateur, mais toute pureté ; non seulement le nourricier des affamés et celui qui désaltère les assoiffés, mais la nourriture et le breuvage. Il est la substance de toutes choses bonnes (si nous ne prenons pas ce terme dans un sens rigoureusement métaphysique).
Son nom rend la paix à ceux qui sont tentés : au lieu de discuter avec la tentation, au lieu de considérer la tempête qui fait rage (ce fut, sur le lac, le tort de Pierre après son bon commencement), pourquoi ne pas regarder à Jésus seul et aller vers lui en marchant sur les flots, prenant refuge dans son nom ? Que l’homme tenté se recueille doucement et prononce le nom sans anxiété, sans fièvre, et que de ce nom il emplisse son coeur et fasse un barrage contre les vents mauvais. Et, si un péché a été commis, que le nom serve de réconciliation immédiate. Sans hésitations, sans retard, qu’il soit prononcé avec repentance, avec charité parfaite, et il deviendra aussitôt un signe de pardon ; et Jésus reprendra tout naturellement sa place dans la vie du pécheur, de même que, ressuscité, il revint s’asseoir si simplement à la table où les disciples qui l’avaient délaissé lui présentaient du poisson et du miel. Il ne s’agit évidemment pas de rejeter ou de sous-estimer les moyens objectifs de pénitence et l’absolution que l’Église offre au pécheur : nous ne parlons ici que de ce qui se passe dans le secret de l’âme.
4. INCARNATION
Le nom de Jésus est plus qu’un mystère de salut, plus qu’un secours dans les besoins, plus qu’un pardon après le péché. Il est un moyen par lequel nous pouvons nous appliquer à nous-mêmes le mystère de l’Incarnation. Au-delà de la présence, il apporte l’union. En prononçant le nom, nous intronisons Jésus dans nos coeurs, nous revêtons le Christ ; nous offrons notre chair à la Parole pour qu’elle l’assume dans son Corps mystique ; nous faisons déborder jusque dans nos membres soumis à la loi du péché la réalité intérieure et la force du mot " Jésus ". Nous sommes ainsi rendus purs et consacrés. Pose-moi comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton bras (Ct 8,6). Ce n’est pas seulement une approche personnelle du mystère de l’Incarnation que nous procure l’invocation du nom de Jésus. Par cette prière nous entrevoyons la plénitude de celui qui remplit tout en tous (Ép 1,23).

5. TRANSFIGURATION
Le nom de Jésus est un instrument, une méthode de transfiguration. Prononcé par nous, il nous aide à transfigurer (sans aucune confusion panthéiste) le monde entier en Jésus Christ. Cela est vrai de la nature inanimée elle-même. L’univers matériel, qui n’est pas seulement le symbole visible de l’invisible beauté divine, mais qui s’efforce en gémissant vers le Christ et dont un mouvement mystérieux élève tout le devenir vers le Pain et le Vin du salut, cet univers murmure secrètement le nom de Jésus : ...les pierres elles-mêmes crieront... (Lc 19,40), et il appartient au ministère sacerdotal de chaque chrétien d’exprimer cette aspiration, de prononcer le nom de Jésus sur les éléments de la nature, les pierres et les arbres, les fleurs et les fruits, la montagne et la mer, de donner son accomplissement au secret des choses, d’apporter la réponse à cette longue, muette et inconsciente attente.
Nous pouvons aussi transfigurer le monde animal. Jésus proclama qu’aucun passereau n’est oublié du Père et qui séjourna dans le désert avec les animaux (Mc 1,13), n’a pas laissé les bêtes hors de sa bonté et de son influence. Comme Adam dans le paradis nous avons à donner un nom à tous les animaux ; quel que soit le nom que la science leur donne, nous invoquerons sur chacun d’eux le nom de Jésus, leur rendant ainsi leur dignité primitive que si souvent nous oublions et rappelant qu’ils sont créés et aimés par le Père en Jésus et pour Jésus.
Mais c’est surtout par rapport aux hommes que le nom de Jésus nous aide à exercer un ministère de transfiguration. Jésus, qui, après la Résurrection, voulut plusieurs fois apparaître aux siens sous une autre forme (Mc 16,12) - le voyageur inconnu sur la route d’Emmaüs, le jardinier près de la tombe, l’étranger debout sur la rive du lac - continue à nous rencontrer, voilé, dans notre vie quotidienne et à nous confronter avec cet aspect si important de sa présence : sa présence en l’homme. Ce que nous faisons au moindre d’entre nos frères, c’est à lui que nous le faisons. C’est sous les traits des hommes et des femmes que nous pouvons, par les yeux de la foi et de l’amour, voir la face du Seigneur ; c’est en nous penchant vers la détresse des pauvres, des malades, des pécheurs, de tous les hommes, que nous pouvons poser notre doigt sur la marque des clous, plonger notre main dans le côté percé, acquérir la conviction personnelle de la Résurrection et de la présence réelle (sans confusion d’essence) de Jésus Christ dans son corps mystique, et dire avec Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu ! (Jn 20,28). Or le nom de Jésus est un moyen concret et puissant de transfigurer les hommes en leur plus profonde et divine réalité. Ces hommes et ces femmes que nous croisons dans la rue, l’usine, le bureau, et ceux-là surtout qui nous semblent irritants et antipathiques, allons vers eux avec le nom de Jésus dans notre coeur et sur nos lèvres ; prononçons silencieusement sur eux ce nom (qui est leur vrai nom) ; nommons-les de ce nom dans un esprit d’adoration et de service.
Consacrons-nous à eux d’une manière pratique, si c’est possible, ou tout au moins par une aspiration intérieure, et c’est à Jésus Christ qu’en eux nous nous consacrons ; par la reconnaissance et l’adoration silencieuse de Jésus emprisonné dans le pécheur, dans le criminel, dans la prostituée, nous délivrons d’une certaine manière et ces pauvres geôliers et notre Maître. si nous voyons Jésus en chaque homme, si nous disons " Jésus " sur chaque homme, nous irons par le monde avec une vision nouvelle et avec un don nouveau de notre propre coeur. Nous pouvons ainsi (autant qu’il est en nous) transformer le monde et faire nôtre la parole de Jacob à son frère J’ai vu ta face, et c’est comme si j’avais vu la face de Dieu (Gn 33,10).

6. LE CORPS DU CHRIST
L’invocation du nom de Jésus a un aspect ecclésial. En ce nom nous rencontrons tous ceux qui sont unis au Seigneur et au milieu desquels il se tient. En ce nom nous pouvons enclore tous ceux que le coeur divin renferme. Intercéder pour un autre, c’est moins plaider pour lui auprès de Dieu qu’appliquer à son nom le nom de Jésus et adhérer à l’intercession de Notre Seigneur lui-même pour ses aimés. Nous touchons ici au mystère de l’Église. Là où est Jésus Christ, là est l’Église. Quiconque est en Jésus est dans l’Église. Le nom de Jésus est un moyen de nous unir à l’Église, car Église est dans le Christ. Elle y est sans souillure. Ce n’est pas que nous puissions nous désintéresser de l’existence et des problèmes de l’Église sur terre, ni fermer les yeux aux imperfections et à la désunion des chrétiens. Nous ne séparerons pas les aspects visible et invisible de l’Église ; nous ne les opposerons pas. Mais nous savons que ce qui est impliqué dans le nom de Jésus, c’est l’aspect sans tache, spirituel et éternel de l’Église qui transcende toute manifestation terrestre et qu’aucun schisme ne peut déchirer.
La parole de Jésus à la Samaritaine sur l’heure qui vient et est déjà venue (Jn 4,23) où les vrais adorateurs adoreront le Père, non plus à Jérusalem ou à Garizim, mais en esprit et en vérité, cette parole présente une apparente contradiction. Comment l’heure peut-elle être déjà venue et être encore à venir ? Ce paradoxe s’explique par le fait que la Samaritaine se tenait à ce moment devant Jésus. Certes l’opposition entre Jérusalem et Garizim subsistait, et Jésus, loin de la minimiser, avait déclaré que le salut vient des Juifs : l’heure était donc encore à venir. Mais, parce que Jésus était là et qu’en sa personne Jérusalem et Garizim se trouvent infiniment dépassées, l’heure était déjà venue. Nous sommes dans une situation analogue lorsque nous invoquons le nom du Sauveur. Nous ne pouvons croire que des interprétations divergentes de l’Évangile soient vraies ou que des chrétiens divisés possèdent la même mesure de lumière ; mais nous croyons que ceux qui, prononçant le nom de Jésus, essayent de s’unir à leur Seigneur par un acte d’obéissance inconditionnelle et de charité parfaite dépassent les divisions humaines, pari quelque manière à l’unité surnaturelle du Corps mystique du Christ et sont des membres sinon visibles et explicites, du moins invisibles et implicites de l’Église. Et ainsi l’invocation du nom de Jésus, faite d’un coeur intègre, est une voie vers l’unité chrétienne.
Elle nous aide aussi à rejoindre cri Jésus les fidèles défunts. À Marthe qui affirmait sa foi en la résurrection future, Jésus répondait : Je suis la résurrection et la vie (Jn 11,25). C’est-à-dire que la résurrection des morts est autre chose qu’un événement futur ; que la personne du Christ ressuscité est déjà la résurrection et la vie de tous les rachetés ; et qu’au lieu de chercher, soit dans la prière, soit par la mémoire ou l’imagination, à établir un contact spirituel direct entre nos défunts et nous-mêmes, c’est en Jésus, où se trouve maintenant leur vraie vie, que nous devrions nous efforcer de les atteindre, liant leurs propres noms le nom de Jésus. Ces morts, dont la vie est cachée dans le Christ, constituent l’Église céleste, la partie la plus nombreuse de l’Église éternelle et totale. Dans le nom de Jésus nous rejoignons les saints qui portent son nom sur leur front (Ap 22,4),et les anges dont l’un dit à Marie : Tu appelleras ton fils du nom de Jésus (Lc 1,31), et Marie elle-même ; puissions-nous, dans l’Esprit, désirer entendre et répéter le nom de Jésus comme Marie l’entendit et le répéta !

7. LA CÈNE DU SEIGNEUR
Le nom de Jésus peut devenir pour nous une sorte d’Eucharistie. De même que le mystère de la chambre haute résumait la vie et la mission du Seigneur, ainsi un certain usage "eucharistique" du nom de Jésus rassemble et unifie les aspects de ce nom jusqu’ici considérés. L’Eucharistie sacramentelle ne rentre pas dans les limites de notre thème. Mais notre âme est aussi une chambre haute où Jésus désire manger la pâque avec ses disciples et où la Cène du Seigneur peut être célébrée à n’importe quel moment d’une manière invisible. Dans cette Cène purement spirituelle, le nom du Sauveur peut prendre la place du pain et du vin du sacrement. Nous pouvons faire du nom de Jésus une offrande d’action de grâces (et c’est là le sens originel du mot " eucharistie "), le support et la substance d’un sacrifice de louange rendu au Père. Dans cette offrande intérieure et invisible, nous présentons au Père, en prononçant le nom de Jésus, un Agneau immolé, une vie donnée, un corps brisé, un sang répandu. Le nom sacré, dans cet usage sacrificiel qui en est fait, devient un moyen d’appliquer les fruits de l’oblation unique et parfaite du Golgotha.
Il n’y a pas de Souper du Seigneur sans communion. Notre Eucharistie invisible implique ce que la tradition a appelé " communion spirituelle ", c’est-à-dire l’acte de foi et de désir par lequel l’âme se nourrit du corps et du sang du Christ sans user des éléments visibles du pain et du vin. Loin de nous toute pensée de diminuer, de sous-estimer le sacrement de l’Eucharistie tel que l’Église le pratique et que nous ne saurions simplement identifier à la communion spirituelle. Mais nous croyons être dans la tradition authentique de l’Église en proclamant la réalité d’un accès constant, invisible, purement spirituel, au corps et au sang du Christ, accès distinct d’une approche générale de sa personne, car il implique une relation spéciale entre nous-mêmes et le Sauveur considéré comme nourricier et nourriture des âmes. Or le nom de Jésus peut servir de forme, de support, d’expression à cet accès. Il peut nous être une nourriture spirituelle, une participation au Pain de Vie. Seigneur, donne-nous toujours de ce pain (Jn 6,34). Dans ce nom, dans ce pain, nous nous unissons à tous les membres du Corps mystique du Christ, à tous ceux qui s’asseyent au banquet du Messie, nous qui étant nombreux formons un seul pain et un seul corps (1 Co 10,17). Et, puisque l’Eucharistie annonce la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (1 Co 2, 26), puisqu’elle est une anticipation du royaume éternel, l’usage" eucharistique du nom de Jésus possède aussi une signification " eschatologique " : il annonce la " fin " et le Second Avènement, il est une aspiration ardente, non seulement aux irruptions occasionnelles du Christ dans notre existence terrestre, mais à cette venue définitive du Christ jusqu’à nous que sera le moment de notre mort. Il y a une certaine manière de prononcer le nom de Jésus qui constitue une préparation à la mort, un bond de notre coeur au-delà de la barrière, un appel suprême au Fiancé que, sans l’avoir vu, nous aimons (1 P 1,8). Dire " Jésus ", c’est alors répéter le cri de l’Apocalypse : Viens, Seigneur Jésus ! (Ap 22,20).

8. LE NOM ET L’ESPRIT
Quand nous lisons le livre des Actes, nous voyons quelle place centrale le nom de Jésus occupait dans le message et l’action des Apôtres. Par ceux-ci le nom du Seigneur Jésus était glorifié (Ac 19,17) ; c’est en ce nom que les signes miraculeux étaient accomplis et que les vies étaient changées. Après la Pentecôte, les Apôtres devinrent capables d’annoncer le Nom avec puissance. Il y a là un usage " pentécostal " du nom de Jésus, usage qui n’est pas le monopole des Apôtres, mais qui demeure ouvert à tous les croyants. Seule la faiblesse de notre foi et de notre charité nous empêche de renouveler au nom de Jésus les fruits de la Pentecôte, de chasser les démons, d’imposer les mains aux malades et de les guérir. Ainsi continuent de faire les saints. L’Esprit écrit le nom de Jésus en lettres de feu dans le coeur de ses élus. Ce nom y est une flamme ardente.
Mais il existe, entre le Saint-Esprit et l’invocation du nom de Jésus, un lien autre et plus intérieur que le ministère " pentécostal " du chrétien. En prononçant le nom du Sauveur, nous pouvons obtenir une certaine " expérience " (ce mot étant employé avec toutes les réserves qui s’imposent) de la relation entre le Fils et l’Esprit. Nous pouvons nous efforcer de coïncider avec la descente de la colombe sur Notre Seigneur, unir notre coeur (pour autant qu’une créature se puisse unir à une activité divine) à l’éternel mouvement de l’Esprit vers Jésus. Oh, si j’avais les ailes de la colombe ! (Ps 54,7) non seulement pour prendre l’envol loin des tristesses terrestres mais pour me poser sur celui qui est tout mon bien ! Oh si je savais entendre la voix de la tourterelle (Ct 2, 12), prononcer avec des gémissements ineffables (Ro 8,26) le nom du Bien-Aimé ! Alors l’invocation du nom de Jésus serait une initiation au mystère du rapport d’amour entre le Christ et l’Esprit.
Et, d’autre part, nous pourrions nous efforcer de coïncider (toujours toutes proportions gardées) avec l’attitude de Jésus envers l’Esprit-Saint. Conçu de l’Esprit, poussé par l’Esprit, Jésus a montré la plus humble docilité envers le souffle du Père. Prononçant le nom de Jésus, unissons-nous (autant qu’il peut être donné à un homme) à l’entière remise que Jésus a faite de sa vie à ce souffle divin. Voyons aussi dans le nom de Jésus un foyer d’où l’Esprit rayonne, voyons en Jésus le point de départ d’où l’Esprit est envoyé aux hommes, la bouche d’où l’Esprit est insufflé sur nous. L’invocation du nom de Jésus, nous associant à ces divers moments - l’emplissement de Jésus par l’Esprit, l’envoi de l’Esprit aux hommes par Jésus, et aussi l’aspiration de Jésus vers le Père - nous fera croître dans la connaissance et l’intimité de celui que Paul appelle l’Esprit du Fils (Ga 4,6).

9. VERS LE PÈRE
Il y a le Fils. Et il y a le Père. Notre lecture de l’Évangile demeurera superficielle tant que nous y verrons seulement une vie et un message tournés vers les hommes. Le coeur de l’Évangile, le mystère de Jésus est le rapport entre le Père et le Fils unique. Prononcer le nom de Jésus, c’est prononcer la Parole qui était au commencement (Jn 1,1), la Parole que le Père prononce de toute éternité. Le nom de Jésus, pourrions-nous dire (avec quelque anthropomorphisme aisément rectifiable), est la seule parole humaine que le Père prononce, tandis qu’il engendre le Fils et se donne à lui.
Prononcer le nom de Jésus, c’est nous approcher du Père, c’est contempler l’amour et le don du Père se concentrant sur Jésus, c’est sentir (dans notre pauvre mesure) quelque chose de cet amour et nous y associer de loin, c’est entendre la voix du Père déclarant : Tu es mon Fils bien-aimé (Lc 3,22) et dire humblement " Oui " à cette déclaration. Prononcer le nom de Jésus, c’est, d’autre part, autant te le peut une créature, entrer dans la conscience filiale du Christ. C’est, après avoir trouve dans le mot " Jésus " le tendre appel du Père : " Mon Fils ! ", y trouver aussi la tendre réponse du Fils : "Mon Père ! " C’est reconnaître en Jésus l’expression parfaite du Père, nous unir à l’éternelle orientation du Fils vers le Père, à l’offrande totale du Fils à son Père. Prononcer le nom de Jésus, c’est (s’il est permis de parler ainsi) joindre de quelque manière le Fils au Père et entrevoir quelque reflet du mystère de leur unité. C’est trouver le meilleur accès au coeur du Père.

10. JÉSUS TOUT ENTIER
Nous avons considéré divers aspects de l’invocation du nom de Jésus. Nous les avons disposés selon une sorte d’échelle ascendante, peut-être pédagogiquement utile, mais artificielle, car, en fait, des degrés se mêlent et Dieu ne donne pas l’Esprit avec mesure (Jn 3,34). À tel ou tel stage de la pratique de l’invocation du nom de Jésus, il peut être bon, nécessaire même, de se concentrer sur un aspect particulier du nom divin.
Mais un moment vient où une telle particularisation devient pesante, difficile, parfois même impossible. La considération et l’invocation du nom de Jésus deviennent alors globales. Toutes les implications du nom nous deviennent simultanément, quoique confusément, présentes. Nous disons " Jésus ", et nous nous reposons dans une plénitude, une totalité qu’il ne nous est plus possible de disjoindre. Le nom de Jésus devient alors porteur du Christ total. Il nous introduit dans la Présence totale. En celle-ci se trouvent données toutes les réalités vers lesquelles le Nom nous a été un moyen d’approche : le salut et le pardon, l’Incarnation et la Transfiguration, l’Église et l’Eucharistie, l’Esprit et le Père. Toutes choses nous apparaissent alors comme réunies en Christ (Ép 1,10). La Présence totale est tout. Sans elle le Nom n’est rien. Qui a atteint la Présence n’a plus besoin du Nom. Le Nom n’est que le support de la Présence, et, au terme de la toute, nous devons devenir libres du Nom lui-même, libres de tout, sauf de Jésus, du contact vivant et indicible avec sa Personne. Le rayon de lumière rassemble les couleurs diverses que le prisme disperse. Ainsi le " Nom total ", signe et portent de la Présence totale ; agit comme une lentille qui reçoit et concentre la blanche lumière de Jésus. Cette lentille - le Nom de Celui qui est la lumière du monde - nous aide à allumer le feu dont il a été dit : Je suis venu mettre le feu sur la terre (Lc 12,49). Si nous nous attachons au nom de Jésus, nous recevrons la bénédiction spéciale que l’Écriture promet : Sois-moi miséricordieux, comme tu es accoutumé de l’être à ceux qui aiment ton nom (Ps 118,132). Et puisse le Seigneur, veuille le Seigneur dire de nous ce qu’il disait de Saul : Il m’est un vase choisi pour porter mon nom (Ac 9,15).
Extrait du livre par "Un moine de l’Église d’Orient",
La prière de Jésus, Chevetogne/Seuil (Livre de vie), 1963.

 http://www.pagesorthodoxes.net/coeur/usage.htm#1